[Report] Roadburn 2019 (premier jour)

ROADBURN 2019

Par Romain Lefèvre & Thierry Skidz

© Roadburn

Rendez-vous incontournable d’un certain type d’amateurs de musiques extrêmes, le vénérable Roadburn est en effet le genre de festival qui, s’il n’a plus rien de confidentiel (peu ou prou 4 000 personnes/jour cette année de ce qu’on a compris), est plutôt réservé aux aventureux et ouverts d’esprit, la programmation du festival ayant depuis nombre d’années largement abandonné son image d’antique festival stoner / doom à la papa qui lui collait à la peau, pour s’ouvrir à une variété de styles autrement plus intéressante – le mouvement s’amorçant en réalité dès 2007 avec l’apparition de Neurosis et des Melvins, entre autres, à l’affiche -, et d’enclencher au passage une sorte de hype qui, depuis, ne s’est plus réellement démentie (ex : pour cette édition, les 4 jours du festival étaient sold-out dès décembre).

Devenu une sorte de détecteur géant à groupes à potentiel dans un peu tous les genres extrêmes et alternatifs, le Roadburn tient une place chère au cœur de ses zélotes car il un met point d’honneur à marquer sa différence avec les festivals « classiques », par divers moyens. Ainsi, et c’est un exemple parmi tant d’autres, le festival invite chaque année une sommité des musiques extrêmes à établir une partie de sa programmation : on a ainsi eu droit, par le passé, à Jacob Bannon, John Dyer Baizley ou encore Lee Dorrian, et cette année c’était le Monsieur Loyal du Melodeath, aka Tomas Lindberg d’At the Gates – et d’un tas d’autres projets -, qui s’y collait avec son programme « The Burning Darkness ». On reviendra dessus. Autre exemple, la présence d’un groupe « en résidence », c’est-à-dire jouant trois à quatre sets différents tout au long du festival. Cette année, c’était Thou, c’était fou, et on vous en parlera en long, en large et en travers. On pourrait également citer le side-programme de conférences autour des musiques extrêmes, les concerts et compositions commandées spécialement par le Roadburn à certains artistes de l’affiche (l’an dernier c’était pour Dark Buddha Rising et Oranssi Pazuzu, cette année les commandes du Roadburn – « commissionned music » dans la langue de SecoueLance – sont allées au projet Molasses, formé par – entre autres – d’anciens membres de The Devil’s Blood, et à un collectif de groupes de BM hollandais nommé Malstroom pour l’occasion – citons Dodecahedron parmi les plus connus, mais on les a tous écouté, et d’autres valent le détour -), les concerts secrets, qu’on en aurait pas encore fait le tour. Retenons en que le Roadburn, par l’entremise de son légendaire directeur artistique Walter Hoeijmakers, ne fait rien comme personne, d’où cette hype évoquée plus haut, qui a tendance à provoquer une pluie de dithyrambe globalement fort méritée mais qui, parfois, occulte certains problèmes logistiques récurrents et sur lesquels il reste au Roadburn, malgré sa grande expérience, à progresser. On y reviendra aussi.
Quoi qu’il en soit, l’auguste maison tenait en cette année 2019 sa 21e édition – applaudissements de rigueur –. Comme tous les ans, cela se passait à Tilburg, Pays-Bas, au milieu de mois d’avril. Comme tous les ans, le festival répartissait ses 5 salles (4 le dimanche) entre divers sites : les historiques Poppodium 013 (Mainstage et Green Room) et Het Patronaat (lieu fantastique, théâtre de bien des concerts restés dans les mémoires, mais aussi objet de bien des frustrations), et les plus récentes Koepelhal (sorte de seconde mainstage) et Hall of Fame, toutes deux situées sur un second site à quelques minutes à pied du premier, au sein d’un complexe industriel franchement cool et pratique, évolution positive bénéficiant aux festivaliers depuis 2017. Et comme tous les ans depuis de nombreuses années, New Noise y était : on y a encore assisté à nombre de promesses ou de révélations (pas mal), de confirmations (un certain nombre aussi), voire de célébrations bien méritées (quelques-unes également). On a aussi eu bien froid. On vous raconte.

JEUDI 11 AVRIL

A peine arrivés sur site (aux alentours d’un bon 15h-15H30, ce qui change avantageusement du Hellfest où, certains des meilleurs groupes jouant le matin, on est souvent sur le pont dès 10h30) et à peine ressenti le mini-bonheur insouciant de retrouver la sempiternelle rue du 013 baignée de soleil – par contre, il faut bien le dire : on se pèle le jonc, et ça ne va pas s’arranger – et blindée de vestes à patches et de barbus, on gravit les raides escaliers de l’antique Het Patronaat, encore aisément accessible à cette heure, pour assister à notre premier concert de cette édition : celui de Vile Creature (interview à venir dans new Noise, et chronique du dernier album à lire dans le numéro 47). Premier concert et première sèche adressée par le duo sludge doom canadien, qui se veut aussi oppressant musicalement que non-oppressif dans sa philosophie et son positionnement au sein d’une scène extrême qui demeure assez percluse d’injonctions à la virilité. Forts de leur excellent dernier LP (Cast of Static and Smoke), le duo déroule un set ultra lourd et pesant, par instants traversés de quelques séquences de calme bienvenues. Pas encore hyper en place, le duo (soutenu par une tierce chanteuse sur deux morceaux, Vic assurant la batterie et le chant par ailleurs, avec KW en soutien ici et là) s’en sort malgré tout brillamment, bien aidé par un set exclusivement axé sur son dernier album, joué en entier. Le public semble globalement convaincu et l’amour et la compréhension règnent à la Het Patronaat malgré le déluge d’agressions sludge/doom (voire funeral doom par instants). Typiquement le genre de groupe pour qui le Roadburn est un potentiel tremplin, un réel coup de projecteur, ce qui se vérifiera le surlendemain quand, en interview, KW nous apprendra leur toute récente signature chez Prosthetic Records (et chez Evil Greed pour le merch européen). Pas trop mal pour une première tournée européenne…

© Paul Verhagen (Treha Sektori)

On poursuit la mise en jambe avec le set baptisé Rejet : chapitre 1 & 2 de Treha Sektori, soit le projet dark ambient en solo du musicien/graphiste/photographe parisien Dehn Sora (qui a beaucoup travaillé avec Blut Aus Nord et Amenra, et dans une moindre mesure PNL), également convié à Tilburg pour jouer avec son groupe black metal Throane et son autre groupe à-la-Cult-Of-Luna, Ovtrenoir. Alors que l’on passait juste voir ce que ça pouvait donner en live et malgré une certaine difficulté pour rentrer dedans de prime abord, on restera finalement toute la durée du set. Parce qu’une fois bien immergé dans cette dark ambient aussi physique qu’organique, aux basses profondes et aux effets de souffle qui font violemment trembler le bord de scène et les cages thoraciques, la performance de ce perfectionniste touche-à-tout se révèle suffisamment prenante et immersive pour donner l’envie de prolonger le voyage en eaux troubles, quelque part entre Bad Sector, Tribes Of Neurot (surtout pour les percussions que viendront dispenser deux encagoulés) et les morceaux les plus languides d’Author & Punisher. Surtout que les vidéos projetées sont particulièrement soignées, pensées et conçues en même temps que les morceaux joués cette après-midi, eux-mêmes divisés en rituels et nouvelles récitant ces chapitres 1 & 2. On ne sait pas trop s’il existe une réelle narration, puisque les mots étaient plutôt murmurés, susurrés, passés dans des filtres, mais on imagine que oui. Bien plus intéressant en live que sur disque, très bonne surprise.

En sortant, on jette un œil sur Rakta, constatant que cette année on dénombre un contingent non négligeable de groupes brésiliens, dont les précités représentent la frange féminine (surtout la batteuse pour la frange). On ne verra que le début de leur concert au Patronage, mais leur chaude mixture psyché/shoegaze/noise brumeuse posant des voix éthérées sur des rythmes kraut tribaux était fort bien venue.

© Paul Verhagen (Rakta)

 

Là-dessus, à peine le temps de niaiser et de deviser avec quelques camarades de la presse qu’on s’empresse de rejoindre la Koepelhal pour y assister, passé le plaisir de retrouver cette scène (enrichie du Pit Stop cette année – globalement une pure idée notamment pour les bières crafts changeant quasiment chaque heure (! dès qu’un fût était vide, une autre bière le remplaçait), mais clairement à améliorer en termes de bouffe disponible – la Koepelhal se révèle clairement comme la zone la plus « festivalier-friendly » du fest) au premier des quatre concerts de Thou, le set acoustique. Le groupe se présente dans la formation entrevue sur  leurs étranges photos promos de l’an dernier (pour en savoir plus là-dessus, lire notre interview du groupe dans le numéro 46), à savoir sans Bryan Funck, mais avec deux chanteuses/choristes (les membres de MJ Guider, ou plus précisément MJ Guider et sa claviériste), le reste du chant étant assuré par KC Stafford, la nouvelle guitariste/choriste du combo, et par Matthew Thudium (principal compositeur de Unconcolable par ailleurs) sur « the Unspeakable Oath ». Evidemment, le groupe se concentre sur l’EP Unconsolable, le plus à même de passer l’épreuve du live électro-acoustique sans encombre. Dans l’ensemble, Thou le monde assure une grosse demi-heure d’un show hyper carré (voix absolument parfaites, bien meilleures que sur l’EP même) mais manquant un rien d’âme, et un peu amoindri par une section rythmique relativement balourde au regard de la finesse et de la douceur des compos de l’EP, que le groupe jouera, sauf erreur, en entier (sauf « Find the Cost of Freedom », ce qu’on regrette fort). Bref, c’était bien, le public était réceptif, mais ce fut clairement le moins bon des 4 sets de Thou ce week-end là.

© Paul Verhagen (Thou)

On enchaine avec le concert qui nous aura sans doute donné le plus envie de gueuler « Sooo fuckin’ metal ! » de tout le week-end. Programmés par Tomas Lindberg et une de nos énormes révélations de ce fest, les danois de Slaegt n’en finissent plus d’embellir notre quotidien avec leur mix parfait de black metal proggy, de death’n’roll très Carcassien et de heavy metal pur jus extrait de la NWOBHM. A contrario de leur style musical qui trouve quand même ses racines dans le black le plus pur (voir leur premier album, Ildsvanger, sorti sur Posh Isolation en 2015), sur les photos promos, le groupe s’affiche dans un look poseur décomplexé qui n’est pas sans rappeler Manowar ou la sortie de route glam de Celtic Frost (période Cold Lake donc). Ce soir, les quatre danois montent sur scène fringués à l’avenant, transposition visuelle parfaite du premier titre joué, le percutant « Perfume & Steel ». Tous portent des peaux de bêtes (de l’agneau, je dirais, pour la souplesse et le velouté) en cuir marron: chemise généreusement ouverte jusqu’au nombril pour le soliste (muni d’une Gibson Explorer qu’il brandira au-dessus de sa tête la moitié du set), veste sans manche pour le chanteur-guitariste (Flying V en mains) et futal moulant négligemment porté sous un torse nu mais glabre pour le jeune bassiste. Ajouter à ces attributs 100% metal, une importance non négligeable du cheveu et vous obtenez la quintessence même du genre qui fera fuir tous les allergiques aux hardos et autres traumatisés du hair metal. Fatale erreur. Parce que ce groupe trouve ses origines dans un BM certifié, que l’on ne distingue pas une once de glam, ni même de hard FM dans leur musique malgré des accroches mélodiques sans faille, et que les fans de Carcass (dernière période) ou de Tribulation devraient s’en délecter, sans oublier tous les fanas d’épopées métallique basées sur les cavalcades homériques, les chorus racés et les duels guitaristiques de haute volée qui ne sont pas réservés aux seuls fans de Maiden, Judas et consorts : d’Undying à Vektor en passant par The Sword ou Anaal Nathrakh, le périmètre est assez large pour y trouver son compte et rassembler pas mal de monde. En bref, si vous ne sentez pas le Malin vous chatouiller les orteils à l’écoute de « Domus Mysterium » (le morceau comme l’album du même nom), du fabuleux « I Smell Blood » (au solo caressant le pinacle de l’orgasme heavy metal) ou de l’hallucinant « V.W.A. », c’est que vous êtes mort, cul de jatte ou paraplégique, ou en passe de rapidement devenir l’un ou l’autre, allez consulter !

© Paul Verhagen (Slaegt)

Après toute cette bagarre de m’as-tu-vu, il est plus que temps d’insuffler un peu de douceur et de remplacer, pour un temps, les futes en cuir et les vestes en peau retournées par les cheveux en bataille, le jean-basket-longsleeve et la voix de louve-Marlboro de l’envoutante Emma Ruth Rundle (qu’on a pas fini de voir ce week-end, vous le verrez). Accompagnée en tournée par le groupe de son mec (Evan Patterson de Jaye Jayle et ex-tous les bons groupes ou presque que vous connaissez en provenance de Louisville) en guise de backing band (Jaye Jayle dont on loupera malheureusement le set ce week-end, mais il parait qu’il était bon), la talentueuse américaine délivre un set au son pas franchement hyper net, mais bourré d’émotion et de sincérité comme à son habitude. Donnant l’impression qu’elle joue sa vie et pose son cul au bord du précipice à chaque morceau, ERR, visiblement de plus en plus à l’aise sur scène (bon ce n’est pas encore Lita Ford, mais en même temps, qui a envie qu’elle le soit ?), communique peu avec le public entre les morceaux, mais nous dit tout ce qu’on a besoin de savoir pendant. Devenue en l’espace de quelques années la jeune femme qu’une bonne partie de la scène extrême s’arrache, ERR hypnotise la Koepelhal tout en veillant à sa street cred metal en présentant une version de ses morceaux clairement plus lourde et noisy que sur album. Faut-il lui prédire un destin à la Chelsea Wolfe ? L’avenir le dira, mais ça pourrait clairement le faire (en tout cas plus que Marriages, qui est un peu le groupe typiquement « bien mais pas top »). Mais bref, ERR assure, joue à peu près tout ce qu’on voulait entendre : « Marked for Death » évidemment, « Protection », « Heaven », « Run For Ever » et quelques autres, et pour finir mes amis, un « Real Big Sky » seule en scène, où elle s’arrache complètement devant une salle recueillie et silencieuse, beau à en chialer sur le refrain, et où on se dit que décidément, Emma ira loin, sans doute bien plus loin que les frontières étriquées des musiques « extrêmes ». Tonnerre d’applaudissements, et à demain Emma.

© Paul Verhagen (Emma Ruth Rundle)

En sortant de là, on débarque en plein set de Deafkids, deuxième groupe brésilien de l’étape, pour une grosse giclée de free noise psyché tribale survoltée, assez proche de Gnod et menée par une basse tractopelle. Ça remet d’équerre après les émotions causées par Emma.

Après tout ça, on ne sait plus trop où on habite, mais on sait que la nuit est tombée, qu’il fait un froid de ses morts (0 degrés mi-avril, Hollande démission !), qu’il fait noir,  que c’est l’heure des voyous, des quatre cent coups, des bastons sous les ponts et des coups de chaine de vélos dans le dos donnés par des mecs encagoulés et portant le perfecto comme de vrais marlous. Bref, que c’est l’heure de Midnight, que ça se passe à la Koepelhal.  Pas franchement inoubliable sur album (bien qu’ultra fun et régressif), le blackened punk’n’roll maxi-sataniste et giga-outrancier (allons-y, inventons carrément des AOP de styles musicaux) du musicien américain Athenar – Midnight étant plus ou moins un one-man-band, le bonhomme joue accompagné d’on ne sait trop qui en live – prend littéralement feu sur scène : dix fois meilleur son que sur album, bien plus énergique et finalement bien plus punk que black’n’roll (on même pensé aux Dwarves reprenant Venom ou Hellhammer), Midnight distribue les coups de ceintures de balles à l’ensemble du public, et, sans reconnaitre chaque morceau (on a entendu « You Can’t Stop Steel », « Satanic Royalty », « All Hail Hell », « Rip this Hell » en closer et pas mal d’autres titres aussi mesurés qu’intellectuels), on prend ma foi un plutôt bon pied, comme prévu en somme.

© Koen de Gussem (Midnight)

Cela nous redonne suffisamment d’énergie  pour repasser une dernière fois par la Mainstage, constater que ça dort sec là-dedans (Mono et son superbe mais soporifique Hymn To The Immortal Wind aidant), et faire un crochet par la Green Room pour tenter d’accrocher au set de l’indescriptible Pharmakon : pas exactement la bonne berceuse à s’envoyer avant d’aller se coucher, plutôt la bande son d’une catastrophe industrielle qui se produirait dans une aciérie ou un haut-fourneau, le projet indus / harsh-noise de Margaret Chardiet est le genre de truc à éviter d’aller voir en famille un dimanche après-midi ensoleillé après un Flunch, sous peine de voir le jeune Anthony rendre son jambon-frites-coca-mousse au chocolat à 4€95 sur les cheveux de sa jeune sœur Aurélie, elle-même en PLS. En trance, l’artiste maltraite physiquement ses platines (ou son espèce d’installation électronique, on ne sait guère), sa personne, son micro, et nos oreilles. D’abord intéressé, puis ébahi, puis interdit, puis éberlué, on se casse alors que pointe l’agacement (qui le dispute à l’ennui). Ça suffit pour aujourd’hui ?
Pas tout à fait : avant de plier les gaules, on passe voir le dernier groupe à s’ébattre ce jour dans le Patronage : Malokarpatan, qui fut une petite mais joyeuse découverte. Cette improbable formation slovaque pratique une sorte de black metal rustique (style Master’s Hammer) mâtiné de folklore local, de heavy bas du front et d’une bonne dose de déconnade éthylique. Pour vous faire une idée, précipitez-vous sur leur dernier album où l’on peut entendre cors de chasse, cloches de vaches et des titres qui peuvent se traduire par “In the provincial pond, a water goblin has been raging for centuries” ou “When old Bartolín was driven back home from the tavern on a wheelbarrow”. Ces tontons metal au look old school nous auront bien fait marrer avant d’aller dormir, avec des enchaînements irréels, comme de passer d’un black-death bourrin à du blues-rock stylé. Pas banal.

Bref, une belle première journée, et si on sent que l’ensemble préchauffe encore (notamment du côté de la Louisiane) et que les grandes claques derrière la nuque ne sont pas encore forcément survenues, Vile Creature a d’ores et déjà confirmé tout le bien qu’on pensait d’eux, Thou a quand même assuré, que Slaegt a tué tout le monde, qu’Emma a ému, que Midnight a distribué des coups de rangeos, et que Parmakon …non, rien. A demain !

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