Screaming Females – Castle Talk
Posté le 16 janvier 2011 par dragz
(Don Giovanni Records)
Noise rock
Frontwoman / guitar-hero, Marissa Paternoster marie le potentiel commercial d’une Beth Ditto à la virtuosité d’un Jay Mascis. Petit bout surexcité en tunique rouge, look soldat de plomb arty et guitare en bandoulière, elle tiendrait debout dans le soutien-gorge de la star de The Gossip, mais fait le bruit d’une armée de lutins de Noël à la charge. Une personnalité étrange et culottée, comme le son de ce Castle Talk, deuxième album des Screaming Females. Auto-étiqueté « queer disco sur la lune », le groupe du New Jersey poursuit sa quête initiée en 2009 avec la sortie du bien nommé Power Move. Une première claque qui a permis au trio de franchir l’Hudson l’an dernier, armé d’un certain potentiel hype. Direction New York, ses clubs et ses hipsters, tous conquis par l’énergie contagieuse de la formation vitrine des petits gars de Don Giovanni Records. Avec ses tubes hargneux et son éthique DIY-fluo joyeusement riot, Paternoster and co. puisent davantage dans la référence SST/Dischord des 80’s et la scène Portland/Olympia que dans l’Alternative Nation prônée par les MTVstars de leur enfance. Et pour cause, la petite en a dans le médiator. Dès les premières notes de « I Don’t Mind It », les Screaming Females revendiquent l’influence du « Freak Scene » des aînés de Dino Jr avec qui les Females ont partagé la scène l’année dernière à l’invitation de Mascis himself. Comme chez les Dinosaur, la redoutable efficacité de la section rythmique sauve des mélodies parfois lourdingues et passe au broyeur punk les envolées lyriques du boss. « New Kid » et « Wild » témoignent ainsi de la complémentarité du jeune trio. Porté par le jeu de Jarrett Dougherty (batterie) et King Mike (basse), les démonstrations de Marissa se rêvent hymnes girl power, solides et inventifs. Non pas qu’il soit rare de voir une petite lesbienne furax enflammer les planches. Loin de là. Plus rares sont les nanas qui tripotent la six cordes avec tant d’arrogance revendiquée. Post-punk sur « Normal », lo-fi sur « Deluxe », dancefloor sur « Ghost Solo », Caste Talk pille des chapelles (Gang Of Four par-ci, Fugazi par-là…) sans pour autant plagier ses idoles. Une petite prouesse en soi. Avec une signature vocale assurée qui rappelle Corin Tucker derrière le micro de Sleater-Kinney, Marissa inflige à sa voix le même traitement qu’à sa guitare : beaucoup de disto et beaucoup (trop) de vibrato. Sur « Boss » ou le très efficace « Laura And Marty », ses trémolos conquérants flirtent avec la gouaille relou. Les Screaming Females n’en sont pas moins un groupe prometteur à l’attaque de nos mornes iPod. Enfin « Proooooooooo-mééééééééééééééé-teeeeeeeeuuuuuur », comme dirait l’autre.
M. A Scigaz 8/10
www.myspace.com/screamingfemales




J’adore ce disque, rien de nouveau, juste du rock!